Dimanche 30 janvier 2011 7 30 /01 /Jan /2011 15:17

Parlons de choses qui fâchent : l'argent. C'est le nerf de la guerre, paraît-il.

 

             Le statut de vacataire si particulier, entraîne systématiquement un retard de paiement... N'importe quelle entreprise privée serait poursuivie aux prud'hommes par ses employés pour de telles pratiques totalement illégales. L'Education Nationale non.

             Rafraîchissons-nous la mémoire et replongeons dans le discours tenu par Nicolas Sarkozy en mars 2009 devant les députés de la majorité, et dans lequel il s'indignait du comportement de certains patrons, les qualifiant de "patrons voyous" et promettant du changement. En dehors du fait que les salariés attendent toujours que ces bonnes paroles soient suivies des faits (ce n'est pas là le coeur de mon propos), je crois que le proverbe "voir la paille dans l'oeil du voisin et ne pas voir la poutre dans le sien" prend ici tout son sens.

 

              Les vacataires sont toujours payés avec au minimum un mois de retard. Pour leur rémunération le rectorat s'appuie sur un relevé mensuel d'heures que la (ou le!)  secrétaire de l'établissement établit à la fin de chaque mois. Impossible donc d'être payé le 28 septembre quand le relevé est parti au rectorat le 25...La première paye de l'année scolaire arrive donc le 28 octobre, soit deux mois après le début de la vacation. Si le rectorat est réactif, ce qui est loin d'être le cas de tous.

               Une fois écoulés les deux premiers mois (passés à manger des patates), on pousse un "ouf" de soulagement. Quoi qu'il arrive, même payé avec un mois de retard, il y aura toujours une paye à la fin du mois. Plus ou moins conséquente si le mois en question a été entrecoupé par des vacances, mais une paye.

              Sauf que... l'Etat solde ses comptes mi-novembre pour l'année civile en cours. Et en novembre les secrétaires sont prié(e)s de remplir le relevé mensuel de novembre avant le 10 du mois. Mais sans anticiper. Comprendre : ne pas noter les heures qui seront faites au-delà du 12 novembre (pour 2010). Ce qui veut dire que pour le mois de novembre (et donc la paye de décembre) elles doivent compter les heures faites entre le 4 (puisque du 1er au 3 c'était les vacances de Toussaint) et le 12, à l'exclusion du 11 qui est ferié. Joyeux Noël !

 

              J'ai touché cette semaine ma paie de janvier (pour des heures effectuées en décembre) : 890€ pour mes vacations et 150€ pour mon contrat. Car j'ai eu l'immense chance, le bonheur de devenir contractuelle entre le 15 et le 17 décembre. Le rectorat n'a pas vraiment eu le choix puisque j'avais atteint mes 200h de vacations.

              Sauf que... (eh oui, encore) j'ai un nouveau contrat depuis le 17 janvier et que pour celui-là je n'ai rien touché. Ce n'est pas comme si je faisais 500kms par semaine pour aller travailler ou que j'avais un loyer à payer... Les patates sont de nouveau mes amies.

 

              Une histoire sans fin en somme.

 

Un petit lien vers le blog de la section départementale du SNES Oise, sur lequel j'ai écrit un billet d'humeur au sujet des non-titulaires.

http://snesoise.ober-blog.com

Par Antalya
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Samedi 22 janvier 2011 6 22 /01 /Jan /2011 16:34

Le Graal du précaire !

     Ah ! Que ne ferait-on pas pour un contrat, un vrai ? Celui qui nous permet d'avoir une couverture sociale, un salaire tous les mois, de toucher les primes, parfois les heures supplémentaires (pas toujours voulues, mais on reprend le service du professeur remplacé qui lui s'en est parfois gavé), d'être payé pendant les vacances scolaires !! Bref, le rêve... enfin presque !

 

Salaire de misère...

    Embauché à temps complet, un contractuel touche en général un peu moins de 1400€ nets par mois... Après avoir obtenu une licence, une maîtrise voire un master. Mais obtenir un temps plein pour toucher un faible salaire n'est pas si évident.

En 2009/2010 j'ai moi-même été appelée par le rectorat pour remplacer à l'année une collègue agrégée, collègue qui effectue donc 15h par semaine, contre 18h pour un certifié ou un contractuel.

Alors qu'en temps normal (et en ces temps de fortes restrictions budgétaires) les professeurs sont fortement incités à cumuler les heures supplémentaires, étonnament dans ce cas précis, il était hors de question de me proposer 18h. D'autant plus étonnant quand on sait que les titulaires remplaçants, autrement appelés TZR (ah, l'éducation nationale et ses sigles et autres acronymes...) sont embauchés à raison de 18h par semaine, même quand ils remplacent un agrégé.

 

Ah, mais oui, l'argent, le nerf de la guerre... Un TZR touche son salaire complet, même quand il est en sous-service (à condition qu'il lui soit imposé) alors qu'un contractuel est payé au prorata du nombre d'heures effectuées. Dans mon cas précis, une TZR de lettres qui n'avait rien demandé s'est donc retrouvée avec 2h supp' par semaine. Et cerise sur le gâteau, elle a dû partager une classe avec moi. Mais payer des heures supplémentaires aux titulaires coûte tellement moins cher que d'embaucher un contractuel à temps complet !

 

... et vacances non payées!

           Ah, les congés payés ! Si le Medef pouvait obtenir leurs suppressions, ou les patrons ne pas avoir à les payer justement (ce qui reviendrait au même), l'économie et la compétitivité des entreprises s'en porteraient bien mieux ! Là encore, le syndicat des patrons en rêve, l'Education Nationale l'a fait !

Votre contrat se termine à Noël ? Un autre débute en janvier ? Ne vous attendez pas à ce que les vacances soient incluses dans l'un d'eux !

Votre contrat couvre l'année scolaire ? Au bout de dix mois, vous soufflez enfin, respirez, espérant naïvement que les grandes vacances seront payées ? Cessez donc de vous raccrochez à ces illusions, vous vous faites du mal !

C'est au chômage qu'il vous faudra pointer. Chômage que vous toucherez avec au minimum deux mois de retard. A vous d'être prévoyant, de vous serrer la ceinture (et de tenter d'éviter la suffocation...) et de mettre de l'argent de côté en prévision de ces deux mois chômés. Ou alors, travaillez pendant ces grandes vacances. Les établissements scolaires sont fermés ? C'est pas le problème du rectorat...

Par Antalya
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Samedi 22 janvier 2011 6 22 /01 /Jan /2011 15:53

Les non-titulaires de l'Education Nationale peuvent être recrutés sous deux régimes différents : la vacation ou le contrat.

"Quelle différence?" me demanderez-vous. Vous pensez probablement qu'il s'agit de deux contrats de travail avec les droits qui en découlent pour le salarié.

Que nenni ! L'Etat est un employeur tellement peu scrupuleux qu'il n'hésite pas à embaucher sans contrat de travail.

 

La vacation n'est pas un contrat de travail et n'ouvre donc aucun droit pour le salarié : pas de congés payés, maladie ou maternité, pas d'indemnité chômage, de couverture sociale, pas de prime, heures supplémentaires payées au tarif normal... N'en jetons plus !

Que d'avantages pour notre cher ministère : du personnel bon marché, malléable et corvéable à merci, remercié au bout de 200h d'exercice, sans indemnités chômage !! Laurence Parisot et le baron de la Seillière en ont rêvé, l'Etat l'a fait !

 

J'ai été embauchée en tant que vacataire en début d'année. Un cauchemar : le Rectorat rémunère (très mal, 28€ net) les heures de cours effectuées, point final. Réunion parents-professeurs ? Priée d'y assister. Rémunérée ? Et puis quoi encore ? Suivi des élèves ? Conseils de classe ? Priée d'y assister. Vous connaissez la suite.

Heures non assurées à cause d'un arrêt maladie, d'un concours (il faut bien tenter de devenir titulaire), d'une panne de voiture ? Autant d'heures en moins sur la fiche de paie.

Ah, la paie du vacataire !! Elle arrive toujours avec au minimum un mois de retard ! Et encore, quand le Rectorat est assez vif, ce qui est loin d'être le cas partout.

 

Et après ces 200h ?

Une chose est certaine : un même professeur ne peut effectuer plus de 200h par année scolaire.

Dans le meilleur des cas le Rectorat reclasse le balai à chiottes      le pion   le salarié : il devient contractuel avec un vrai contrat de travail. Mais ça coûte cher.

Dans le pire, il embauche quelqu'un d'autre qui n'aura pas épuisé son quota annuel et qui se fera exploité à son tour. Ainsi sur un même poste peuvent se succéder trois ou quatre professeurs au cours d'une même année scolaire. Certains rectorat eux divisent la poire en quatre : ils mettent sur un poste complet quatre professeurs différents qui effectuent alors chacun moins de 6h de cours par semaine (je vous laisse calculer la paie, en excluant les vacances scolaires), afin de ne pas dépasser le quota annuel. Les élèves ont ainsi (en théorie) un seul professeur par an, les parents sont dupes, mais les apparences sont sauves !

 

La fonction publique, le rêve à l'état pur !

Par Antalya
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Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 15:17

J'appartiens à cette grande famille des non-titulaires depuis septembre 2009, après une première expérience acquise au printemps 2008. J'enseigne dans le second degré, une matière extrêmement déficitaire (puisqu'elle ne trouve pas grâce aux yeux de nos chers politiques et que les recrutements sont loin de pallier les besoins), à savoir les lettres classiques. N'allez pas croire que les langues d'Homère et de Virgile n'ont aucun secret pour moi : diplômée de lettres modernes, j'ai simplement étudié le latin et le grec durant mon année d'hypokhâgne. Mais qu'importe ! Tant qu'il y a quelqu'un devant les élèves, les apparences sont sauves.

Enseigner les lettres modernes ? "Nous n'avons pas de besoin dans cette discipline", m'a-t-on répondu au Rectorat...

 

Au printemps 2008, après un premier échec au Capes, j'ai contacté la Direction du Personnel Enseignant du rectorat, responsable du recrutement des enseignants non-titulaires des établissements publics du second degré. Après avoir constitué un dossier minimaliste (photocopies des diplômes, C.V et lettre de motivation), j'ai été propulsée quinze jours plus tard sur mon premier remplacement, un congé maternité dans un établissement particulièrement difficile de la région. Tout cela, sans avoir eu d'entretien à passer avec un inspecteur ou un chargé de mission, sans avoir bénéficié d'une seule journée de formation.

 

Décidément, il est bien facile de s'improviser professeur...

Par precaire.en.over-blog.com
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Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 14:11

... me précisant que mon arrêt maladie de trois jours datant du mois de décembre ne me serait pas indemnisé. Pour parler clairement, ces trois jours ne me seront pas payés. Ils équivalent à un congé sans solde. Et cela, malgré mon arrêt de travail en bonne et due forme.

 

Soyez les bienvenus dans cette plongée dans le monde des personnels précaires de l'Education Nationale. Nous sommes des dizaines de milliers, personnels administratifs et enseignants des premier et second degrés, employés fantômes et kleneex, silencieux, embauchés pour des contrats de courte durée, payés au lance-pierre et indemnisés en période de chômage par notre propre employeur, un cas unique dans la législation du code du travail !

Bref, soyez les bienvenus au XIXème siècle !

 

 

Par precaire.en.over-blog.com
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